Le nouveau livret d’épargne dévoilé par deux grandes banques bouleverse le marché. Avec un taux jusqu’à 3 fois supérieur à celui du Livret A et des conditions flexibles, il cible les épargnants en quête de rendement. Alors que les taux historiquement bas des placements traditionnels poussent à la recherche d’alternatives, cette offre suscite déjà un vif intérêt.
Alors que les taux fondent comme neige au soleil et que les rendements du Livret A flirtent avec le dérisoire, un nouveau livret d’épargne débarque avec une double promesse. Il s’agit de rémunérer mieux et investir plus vert. Et ce ne sont pas des start-ups qui le proposent, mais deux mastodontes bancaires bien connus des Français. Il s’agit des Banques Populaires et les Caisses d’Épargne, réunies au sein du groupe BPCE. Le produit s’appelle PEAC Plan d’épargne avenir climat et il pourrait bien rebattre les cartes, surtout pour les jeunes et leurs parents qui cherchent à transmettre autre chose qu’un vieux livret poussiéreux.
Un nouveau livret d’épargne pensé pour les jeunes… et pour la planète
Ce n’est pas un hasard si ce PEAC atterrit maintenant. Il était dans les tuyaux depuis juillet 2024, prévu par la loi sur l’industrie verte. Sauf qu’aucune banque ne s’était encore décidée à le lancer. Manque de rentabilité, produit trop ciblé, hésitations techniques… jusqu’à ce qu’en avril 2025, le groupe BPCE saute le pas. Ce nouveau livret d’épargne a tout pour attirer : il s’adresse aux jeunes de moins de 21 ans et peut même être ouvert à la naissance par les parents avec un plafond fixé à 22 950 €. C’est un placement défiscalisé, comme le Livret A, ce qui le rend immédiatement intéressant pour les familles qui veulent faire fructifier de l’argent sans que les impôts ne viennent grignoter les intérêts.
Mais il y a une subtilité importante : l’épargne est bloquée cinq ans minimum. Pas de retrait possible avant cette échéance, sauf situations extrêmes comme un décès ou une invalidité. Et même là, les conditions sont très strictes. Concrètement, un plan ouvert à 10 ans ne deviendra liquide qu’à 18. Ce n’est donc pas un livret à mobiliser en cas de coup dur. Il est pensé pour durer, pour construire, pour transmettre. Et pour certains, cette contrainte est une qualité : on épargne sans tenter d’y toucher.
Le PEAC reste ouvert jusqu’aux 30 ans du titulaire. Passé cet âge, il est automatiquement clôturé, même si l’argent n’a pas été utilisé. Une règle rigide, mais cohérente avec l’idée d’un outil tourné vers la jeunesse et la construction de projets à moyen terme.
Elle ne garantit pas… mais peut rapporter bien plus
Ce qui fait du PEAC un objet à part, c’est son fonctionnement. Il ne ressemble pas à un livret classique. Pas de taux fixe, pas de capital garanti. On est ici sur un modèle plus proche du plan d’épargne en actions ou de l’assurance-vie. L’argent n’est pas placé dans une tirelire, mais investi sur les marchés, dans des fonds estampillés « verts » : ISR (investissement socialement responsable) ou Greenfin. Ce sont des portefeuilles sélectionnés pour leur respect de critères environnementaux et sociaux, avec des performances souvent jugées solides voire meilleures que certains produits traditionnels.
Alors oui, le risque existe. Le capital n’est pas garanti. Mais en contrepartie, les rendements peuvent être bien supérieurs aux maigres intérêts du Livret A. Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’épargne, le dit sans détour : « L’idée que transition écologique = zéro rendement, c’est terminé. » Beaucoup de fonds verts performent très bien. Et à long terme, leur stabilité peut surprendre ceux qui s’attendent à des montagnes russes.
Le PEAC se décline en deux styles de gestion. La première, dite « pilotée », répartit automatiquement l’épargne entre un fonds sécurisé et des supports en unités de compte plus dynamiques. C’est un bon mix pour ceux qui veulent investir sans y penser tous les matins. La seconde, « libre », s’adresse aux profils plus autonomes. Là, vous choisissez entre quatre fonds, avec plus de contrôle, mais aussi plus de responsabilités. À vous de suivre les courbes et d’adapter votre stratégie.
Un nouveau livret d’épargne qui pose la question : et après le Livret A ?
Le contexte actuel rend ce type de produit particulièrement séduisant. Avec un Livret A à 2,40 %, voire 1,70 % attendu dans les prochains mois, et une inflation toujours vivace, l’épargne classique ne protège plus vraiment le pouvoir d’achat. Pour les familles qui veulent préparer l’avenir de leurs enfants ou petits-enfants sans laisser dormir leur argent, ce nouveau livret d’épargne offre une alternative plus dynamique, sans pour autant basculer dans les produits ultra-risqués.
Bien sûr, ce n’est pas un outil miracle. Il ne remplace pas l’assurance-vie, il ne permet pas de construire une fortune en quelques années, et il est plafonné. Mais il ouvre une voie nouvelle, celle d’une épargne qui pense plus loin, qui regarde l’avenir sans baisser les yeux, et qui ose investir dans des projets alignés avec les enjeux du monde. C’est rare.
Avant de vous lancer, il reste quelques réflexes à garder : garder une épargne de précaution sur des supports liquides, comme un Livret Jeune ou un Livret A. Se rappeler que le PEAC, c’est du long terme. Et bien vérifier les conditions d’entrée, car oui, il faut résider en France, et chaque jeune ne peut en ouvrir qu’un.
Mais une chose est sûre : ce nouveau livret d’épargne va faire parler de lui. Parce qu’il incarne une nouvelle génération de produits financiers. Moins frileux. Plus responsables. Et surtout, plus adaptés à une jeunesse qui a besoin d’outils solides pour se construire.